Affichage des articles dont le libellé est musée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est musée. Afficher tous les articles

samedi 14 novembre 2015

Une Venise du Nord #2


© Fabrice Holowecki
Nous poursuivons notre petit séjour à Amsterdam par une visite du Rijksmuseum, l'équivalent de notre musée du Louvre.
Cliquez sur les images pour les agrandir
 
© Fabrice Holowecki
Après plusieurs années de rénovation, le musée a rouvert ses portes en 2013. Une large collection allant des peintures du siècle d'or néerlandais à l'art moderne, en passant par l'art asiatique et les arts décoratifs y est présentée. Suivez-moi pour une petite visite commentée.


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Témoignage du passé colonial de la hollande, cette étonnante maquette d'un marché javanais de la première moitié du XIXe siècle. À cette époque, l'Indonésie actuelle s'appelait Les indes orientales néerlandaises.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Le Cygne menacé, Jan Asselijn - 1650
Ce cygne défendant son nid face à un chien (en bas, à gauche) serait une allégorie et représenterait la résistance nationale. Des propriétaires du tableau n'ont d'ailleurs pas hésité à inscrire "Holland" sur un des œufs du nid et "de vijand van de staat" (l’ennemi de l’État) près de la tête du chien. Cette interprétation était-elle désirée par le peintre ? Apparemment, nul ne le sait.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Un moulin à vent sur un canal de polder, Paul Joseph Constantin Gabriël - 1889
Très belle lumière pour ce paysage du XIXe siècle.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
La Ronde de nuit (détail), Rembrandt, 1642
Ce tableau monumental représente la compagnie d'une milice de gardes civils d'Amsterdam sortant en armes d'un bâtiment. C'est une commande destinée à décorer la grande salle du siège de la milice en question. En réalité, il ne s'agit pas d'une scène nocturne. L'obscurcissement des couleurs est dû à l'utilisation de bitume de Judée, substance qui supporte très mal le vieillissement.


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Autoportrait aux cheveux ébouriffés, Rembrandt - 1627.
L'autoportrait était un exercice apprécié du maître qui en fit une centaine, dessin, gravure et peinture confondus. Ici, l'artiste est encore jeune et son visage est partiellement noyé dans l'ombre.


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
La Laitière, Vermeer - 1658. 
Un petit format hyperréaliste qui n'a pas pris une ride. Portrait et nature morte en même temps, le tableau est baigné d'une douce lumière provenant de la fenêtre visible sur la gauche. De nombreux détails nous donnent des informations sur la scène. Par exemple, l'un des carreaux de la fenêtre est brisé ; nous pouvons en conclure qu'il s'agit d'un intérieur modeste. Autre indice : la plinthe en bas du mur est composée de carreaux de faïence de Delft, ville de résidence de Vermeer. Quant à savoir ce que pense la Laitière pendant son travail, cela reste un mystère.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
La Femme en bleu lisant une lettre, Vermeer - vers 1665. 
Dans cet autre tableau de Vermeer à l'ambiance paisible, nous surprenons une jeune femme en pleine lecture d'une lettre. Elle a interrompu ses préparatifs du matin et est tellement absorbée par la lecture que nous pouvons penser qu'il s'agit d'une lettre d'amour. La palette de couleurs oscille entre les nuances subtiles de bleu, de blanc et d'ocre jaune, renforçant l'idée de tranquillité. Je croyais la jeune femme enceinte, mais il semblerait que sa silhouette est due aux tenues du XVIIe siècle et que l'on ne peignait pas de femmes enceintes à cette époque.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Le boulanger Arent Oostwaard et sa femme, Catharina Keizerswaard, Jan Havicksz. Steen - 1658
J'ai été très étonné de reconnaître sur l'étal de ce boulanger (et dans la main de sa femme) des craquelins à tout point identiques à la spécialité du pays de Rance. Après quelques recherches sur Internet, j'apprends que le mot "craquelin" vient de crakelinc, un mot Néerlandais qui signifie "qui craque sous la dent" et qui, sur le tableau serait plutôt les Bretzels accrochés au mur… Ce que tient la femme s'appellerai ici des Zottinneloek (gâteau de sotte… pas très sympa pour la femme du boulanger !). Je ne trouve aucune trace moderne de ce type de biscuit en Hollande.  Lors de leurs échanges commerciaux avec Saint-Malo, les hollandais auraient-ils apporté cette spécialité pour l'oublier ensuite chez eux ? Les Malouins auraient-ils confondu les noms ? Ça m'en fait encore, des questions sans réponse...


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
      Les Enfants apprenant à danser à un chat, Jan Havicksz. Steen - 1666
Jan Havickszoon Steen représentait souvent des scènes de la vie courante, en y intégrant certaines valeurs morales. Ces "sales gosses" forcent un chaton à danser sur les pattes arrières au son d'un chalumeau. Un des quatre gamins tient une pipe en direction de la pauvre bête qui n'apprécie pas vraiment le traitement qu'on lui fait subir. Le chien est surexcité ; il participerait volontiers au harcèlement. Par la fenêtre, un homme âgé gronde les tortionnaires.


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Nature morte aux fleurs dans un vase grec ; Allégorie du Printemps, Georgius Jacobus Johannes van Os - 1817
Le peintre a passé une grande partie de sa carrière à Paris où il travaillait pour la Manufacture de porcelaine de Sèvres. Ici, un bouquet est disposé dans un vase grec antique rouge et noir. 
On peut reconnaître des branches de citronnier ou d'oranger, des roses anciennes, du millepertuis, des dahlias simples, des hémérocalles (ou des crinums), des azalées... C'est un bouquet composé au retour du jardin. Cette pièce aurait été conçue pour une série de quatre tableaux représentant les saisons.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Nature morte de banquet, Adriaen van Utrecht, 1644
Nous sommes en plein banquet, les musiciens ont posé leurs instruments de musique et ont commencé à se servir sur ce buffet foisonnant. La tourte et le jambon ont été entamés mais personne n'a touché au homard (quel dommage). C'est l'occasion pour le peintre de nous faire une démonstration. Il peut tout peindre : vaisselle, objets en bois et en métal, drapés, fruits, animaux plus ou moins exotiques. L'exotisme était très prisé à cette époque et toutes les curiosités rapportées des autres continents animaient les soirées les plus somptueuses. N'oublions pas que les éléments représentés étaient souvent symboliques et offraient donc une seconde lecture aux initiés. Le citron en partie pelé représenterait "le déroulement de la vie terrestre, au cours duquel l’homme est sensé se détacher de son enveloppe corporelle pour élever son esprit". Nous ne sommes pas loin des vanités.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Nature morte au fromage, Floris Claesz. van Dijck - 1615
Les spécialités fromagères hollandaises sont à l'honneur ici. On y retrouve aussi de quoi accompagner les fromages : vin, olives, fruits et fruits secs… et encore mon fameux craquelin, posé ici contre l'aiguière. Je me demande d'ailleurs ce qu'elle contient. Du vin ou de l'huile ? Vu sa forme, je pencherai pour la deuxième réponse, mais je n'en ai aucune certitude.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Deux Mères, Frans Stracké - 1893. Terracota représentant une jeune maman paysanne et son bébé, accompagnée d'une maman chien qui ne quitte pas des yeux sa progéniture portée dans le tablier de sa maîtresse. L'instinct maternel est visiblement aussi fort chez l'une que chez l'autre.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Rangée d'arbres, Jan Mankes - 1915.
Ces arbres, nimbés d'une brume matinale semblent prendre racine dans le ciel. Ils sont les seuls éléments végétaux du tableau et les deux personnages qui marchent sur la route nous permettent d'estimer leur taille. Les couleurs sont subtiles et délicates.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Homme et machine, Marinus Johannes Hack - 1913.
Cette sculpture était installée au siège d'une compagnie qui exportait des machines pour les entreprises hollandaises installées en Indonésie. Le personnage aux traits javanais représente les colonies et le moteur qu'il tient entre ses mains, l'activité de la compagnie, mais aussi le progrès que le pays souhaitait apporter là-bas.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
J'ai trouvé ce jeu d'échecs amusant, avec ses soldats, ses canons, ses chars, et ses avions bombardiers. Il s'agit en fait d'un jeu d'échecs nazi… Ça m'a un peu refroidi.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Moulages faciaux des habitants de l'île de Nias réalisés par l'anthropologue J.P. Kleiweg de Zwaan au début du XXe siècle. Impressionnant.


© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Quelques couvertures de Wendingen, mensuel dédié à l'art et tout particulièrement destiné aux architectes et aux décorateurs. Les numéros se succédèrent entre 1918 et 1932 et certaines couvertures sont des chefs-d'œuvre de graphisme.

© Rijksmuseum / Photo : Fabrice Holowecki
Moulin au clair de lune, Piet Mondrian - vers 1903.
Bien avant la période abstraite du peintre, l'ambiance de ce paysage nocturne me touche particulièrement.
Cliquez sur les images pour les agrandir

Lire Une Venise du Nord #1

Pour en savoir plus :
Rijksmuseum
Museumplein/Museumstraat 1
1071 CJ Amsterdam
Tél. +31 (0) 20 6621 440
 

lundi 1 juillet 2013

Ma Grosse Pomme #5

Notre troisième journée illustre parfaitement les multiples visages que peut présenter New York.
Cliquez sur les images pour les agrandir 

© Fabrice Holowecki 
Nous embarquons à Battery Park sur le Miss New York pour un tour en bateau.

© Fabrice Holowecki 
La ville vue du large avec Jersey City à gauche, Manhattan au centre et un petit bout de Brooklyn à droite.

© Fabrice Holowecki 
Le Central railroad terminal of New Jersey, une gare ferroviaire sur l'autre rive de l'Hudson river. 

© Fabrice Holowecki 
Ellis Island était, pendant la première moitié du XXe siècle, le point d'arrivée des immigrants. Plus de 12 millions de personnes y furent recensées et inspectées par le bureau d'immigration des États-Unis sur une période de 62 ans. 2 % de ces arrivants étaient rejetés pour raison sanitaire ou autre et renvoyés vers leur pays.

© Fabrice Holowecki 
La promenade continue et nous voyons se profiler une silhouette familière sur une île voisine.

© Fabrice Holowecki 
Il s'agit de Miss Liberty, la statue de la Liberté.

© Fabrice Holowecki 
Très populaire chez nous, puisqu'elle a été offerte par la France aux États-Unis pour fêter le centenaire de la Déclaration d'indépendance américaine, cette statue fut créée par le sculpteur Auguste Bartholdi aidé de Gustave Eiffel, pour la structure interne. Du haut de ses 46 mètres, hors socle, elle est l'un des principaux emblèmes des États-Unis et de la ville. En raison de sa proximité avec Ellis Island, elle était la première vision des immigrants à leur arrivée.

© Fabrice Holowecki 
Notre circuit se poursuit vers l'East River. Nous passons sous le pont de Brooklyn avant de faire demi-tour.

© Fabrice Holowecki 
Nous voici de retour vers le Financial District, le quartier des affaires.

© Fabrice Holowecki 
Le One World Trade Center se détache en arrière plan.

© Fabrice Holowecki 
L'embarcadère pour Staten Island, un des cinqs arrondissements de New York.

© Fabrice Holowecki 
De retour sur la terre ferme.

© Fabrice Holowecki 
© Fabrice Holowecki 
Nous remontons Wall Street en direction de Trinity Church, l'église de la Trinité. Construite avant les Gratte-ciels, elle est maintenant cernée de toutes parts. La rue est étroite et plutôt sombre. Il faut lever la tête pour apercevoir un coin de ciel bleu.

© Fabrice Holowecki 
Avant d'arriver à l'église, nous passons devant le New York Stock Exchange, la plus grande bourse du monde. 

© Fabrice Holowecki 
© Fabrice Holowecki 
Autour de Trinity Church, un petit cimetière où le temps s'est arrêté.

© Fabrice Holowecki 
Nous continuons notre chemin jusqu'à la chapelle Saint-Paul, près du World Trade Center. Inaugurée en 1766, elle est la plus ancienne église de Manhattan. 
 
© Fabrice Holowecki 
Les secours s'y reposaient lors des attentats du 11 Septembre 2001. Elle est, devenue un lieu de mémoire dédié à l'événement.

Nous nous approchons du One World Trade Center, puis nous déjeunons dans le quartier. Nous partons ensuite en métro vers Washington Heights, de l'autre côté, tout au nord de Manhattan.

© Fabrice Holowecki 
Nous nous rendons à The Cloisters, Les Cloîtres. Ce département du Metropolitan Museum of Art est principalement dédié à l'art médiéval. George Grey Barnard, un sculpteur américain ayant travaillé en France au début du XXe siècle, constitua, auprès d'antiquaires et de particuliers, une impressionnante collection. Il rapporta d'Europe des peintures, des sculptures et des éléments architecturaux pour les présenter au public américain. C'est en 1938, après l'acquisition de la collection par le Metropolitan, soutenu par  John D. Rockefeller, Jr. que sont construits les bâtiments actuels.

© Fabrice Holowecki
© Fabrice Holowecki 
Des chapelles complètes sont reconstituées avec des éléments architecturaux d'origine. 
 
© Fabrice Holowecki 
© Fabrice Holowecki 
Quatre cloîtres et une salle capitulaire ont été ajoutés à l'édifice. L'illusion est totale. Comment pourrions-nous encore nous sentir à New-York ? Nous sommes dans un monastère en Bourgogne ou dans le Sud de la France. La très belle collection du musée est présentée dans ce cadre harmonieux.
Quelques exemples :

© Fabrice Holowecki 
Triptyque de l'Annonciation - Robert Campin (vers 1425). 

© Fabrice Holowecki 
Une scène peu ordinaire de nativité en bois polychrome provenant d'Allemagne (XVe siècle). 

© Fabrice Holowecki 
© Fabrice Holowecki 
Les sculptures et peintures sont remarquablement bien conservées.

© Fabrice Holowecki 
Un panneau finement sculpté qui représente la Dormition de la Vierge. Le terme est employé pour définir la mort d'un saint sans souffrance, en pleine quiétude, dans un état de paix spirituelle.

© Fabrice Holowecki 
Le musée présente également des vitraux, des enluminures, des reliquaires... 

© Fabrice Holowecki 
Une des tapisseries de La Licorne (XVIe siècle). 
Cliquez sur les images pour les agrandir 

La visite est un pur régal. Nous profitons pleinement des lieux et y passons une bonne partie de l'après-midi. 
Nous repartons en bus vers le centre de Manhattan. Le trajet est un véritable retour vers le présent.
La journée n'est pas terminée. Suite dans l'épisode suivant : Ma Grosse Pomme #6.

Lire le premier épisode Ma Grosse Pomme #1
Lire l'épisode précédent Ma Grosse Pomme #4
Lire l'épisode suivant Ma Grosse Pomme #6